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mardi 1 juillet 2025

"...THE REST" et LES FANTÔMES D'ARGENT, édition collector

Arles le 10 juillet, rejoignez-moi
pour présentation et signature 
"The rest" et Les fantômes d'argent
Stand Anatole Desachy 
Place voltaire, Arles

 des beautés perdues de l'argentique."
 

 

Page 50/51 : Market 68 (en haut), Appareillage (en bas)

Page 74/75 : Lost


 

Tiré à 20 exemplaires, présenté dans un coffret cloche.

Livré numéroté et signé avec un tirage original.

Ouvrage de collection.

Fomat du livre :  210 X 280 mm à la française

Intérieur du livre, texte sur papier Old Mill Bianco de chez Fédrigoni

Intérieur du livre, photos imprimées sur Symbol Freelife Satin de chez Fédrigoni

Couverture : 4 pages + 2 rabats latéraux de 18 cm sans retrait, Carte Couché 300 gr, pelliculage Mat

Façonnage : Rainage, Dos carré Cousu Collé


 

lundi 26 février 2024

La Tragédie de Saint-Pierre, La matière d'une absence

©conception graphique: Agnès Brézéphin

 Voici un nouvel ouvrage publié par le Parc Naturel Régional de la Martinique (PNRM). Constitué d’une soixantaine d’images, il est un corpus photographique autour des vestiges de la cité martiniquaise détruite par l’éruption de la Montagne Pelée en 1902. Les photographies ont été réalisées avec une chambre Cambo, appareil qui par son système de bascules du plan optique permet, en évitant les déformations, le respect des proportions et des perspectives de l’architecture.


Pour certaines images un travail de retouche a été nécessaire de manière à épurer les lieux et les débarrasser d’éléments parasites tels que voitures, poubelles, antennes et divers détritus — abandons immondes de la vie courante.


La ville de Saint-Pierre constitue une richesse patrimoniale hors du commun qu’il faut apprendre à préserver et respecter.

La tâche est ardue d’autant qu’elle n’a pas été pensée en amont et qu’une nouvelle ville a été construite sur l’ancienne.


Patrick Chamoiseau a écrit, à partir des photographies, un chant pour la ville, un texte poétique, dans lequel il déploie toute la problématique donnée par la mise en présence de forces contradictoires. Le titre de son texte : La matière d’une absence a été gardé pour l’ensemble de l’ouvrage.


Extraite de sa prose, cette simple phrase me semble résumée à elle seule l’intention du livre :


« Il y a deux villes à Saint-Pierre, une ville invisible et une ville apparente, encore en devenir. La ville invisible soutient la ville apparente. Elle la canalise dans ses marques anciennes, lui fait office de soubassements et lui diffuse un charme exactement tragique. »


La réalisation et la fabrication d’un livre sont toujours une aventure singulière qui demande aussi la réunion de talents complémentaires.

Il est difficile d’évoquer l'ouvrage sans citer et remercier, du fond du cœur, Agnès Brézéhin qui en a fait la conception graphique.

La couverture est une création à part entière et comme il est rare que, pour un livre de photographies, une conception graphique est retenue, ce choix mérite d’être mentionné. La conception du coffret de l’ouvrage pour un tirage de tête de 100 exemplaires, lui a également été confiée.


Les photographies ont été imprimées en Trichromie (1 Noir + 2 tons directs de gris) sur un papier Condat Matt Périgord afin de garder la qualité, la texture et la profondeur des images.

L’imprimerie Vincent à tours s’est chargée de ce travail


En amont la société Preview à fait un remarquable travail sur la photogravure pour arriver à ce résultat.


Le texte de Patrick Chamoiseau a été imprimé sur un luxueux papier : Old Mill Blancot. Sa traduction en anglais est d’Eleanor Williams


La société ID FAB s’est chargée de la coordination des métiers


Fred Dauphin, l’ami de toujours, s’est chargé de la nécessaire relecture et des corrections.


Mes très sincères remerciements vont également à toute l’équipe du PRNM qui aura porté ce projet en confiance jusqu’à son terme.


L’ouvrage à un format de 25 cm X 32 cm à la française et est constitué de 112 Pages.

Imaginé en trois parties on y découvre : Le texte de Patrick Chamoiseau, l’ensemble des photographies de Jean-Luc de Laguarigue, un dernier chapitre avec des images de Saint-Pierre avant l’éruption, ainsi que quelques photographies des toutes premières images de la catastrophe.


une carte dessinée  par Agnés Brézéphin donne quelques repères dans la ville.


Tous ces éléments réunis font  — déjà — de ce livre : un Collector.


©Agnès Brézéphin



© texte Patrick Chamoiseau

©jeanlucdelaguarigue

©jeanlucdelaguarigue

©jeanlucdelaguarigue

©texte, Patrick Chamoiseau



©collection: jeanlucdelaguarigue

©collection: jeanlucdelaguarigue






vendredi 12 mai 2023

Histoire d’une photo, Joseph et son mulet Papillon

 

Pour son dernier livre Le vent du Nord dans les fougères glacées, Patrick Chamoiseau a utilisé la photographie de Joseph Tandavarayen remontant, accompagné de son âne, le morne vers son jardin créole. Papillon, car c’est ainsi qu’il se nomme, ayant pour charge le transport du fumier à la montée et, au retour, la récolte de la moisson.

La photographie a été réalisée en 1999 au morne des Esses, sur les hauteurs de Sainte-Marie là où se situe l’action du roman, la vie de Bouliano.


Au moment de son choix Patrick Chamoiseau n’était pas informé du lieu où la photographie a été faite.

Néanmoins si ce détail reste anecdotique, de l’image il dira :


« Lorsque je découvris cette photo, il y a déjà quelques années, ce qui m’est venu à l’esprit c’est que cet homme pourrait parfaitement être un conteur. Pourquoi ? D’abord, parce que c’était sociologiquement plausible. Ensuite, parce qu’il y a dans cette captation toute la poésie archaïque de son accoutrement, les vieilles hardes, le mulet, le bât, le chargement de l’animal… Ce sont des choses que l’on ne voit pratiquement plus. Ensuite, il y a la dimension poétique de la scène. On dirait qu’il émerge d’un brouillard spectral. Enfin, il y a toute l’intensité végétale qui remplit le fond autour de lui, et que la petite pluie transforme en un paysage de légende. Cela donne un paysage de plantes complètement emmêlées, paysage très particulier, très étrange et en même temps très familier, quelque chose d’onirique…


La composition de cette photo crée un effet poétique qui me paraît correspondre à l’état d’esprit supposé des grands conteurs anciens. Au moment où ces derniers se trouvaient dans le prosaïque de leurs tâches quotidiennes, ils devaient cultiver une rêverie permanente, développer ainsi un imaginaire créatif extrêmement puissant…


Dans cette photo, M. de Laguarigue a réussi la transfiguration d’un paysage ordinaire, la transfiguration d’une simple remontée de jardin. Et comme nous savons que les photographes sont ceux qui voient et qui révèlent ce qui nous est invisible, ce que nous ne voyons pas, il était clair pour moi que ce bougre en haillons était potentiellement un conteur. C’est en regardant longtemps cette photo que j’ai pu imaginer le vieux conteur, Bouliano Nérélé Isiklaire, qui allait mourir dans « Le vent du nord… »


Il nous est de moins en moins donné à voir, il est vrai, sur nos routes et dans les campagnes, un agriculteur accompagné de sa bête ; scène de vie qui faisait encore partie de notre quotidien dans les années quatre-vingt.


L’âne ou le mulet peut être utilisé parfois sur les mornes là ou la voiture, le Pick-up ou « la bachée », comme on dit chez nous, n’a plus accès.


Un photographe ne fait jamais une seule photo d'un sujet même si celle qu’il choisit de diffuser vient en quelque sorte avaler les autres. Travaillant toujours par série et le temps passant, 24 années maintenant depuis la première parution de cette image dans mon livre Tracées de Mélancolies (édité en 2000—épuisé), je suis retourné à l’examen de ma planche contact. J’y redécouvre les deux images suivantes qui viennent en quelque sorte boucler la boucle : le passage de profil et toujours sous la pluie de Joseph et Papillon, ou l’on note la synchronisation du pas de l’homme et celui de la bête, ainsi que leur peine.

La dernière image est celle ou la montée du morne se termine, la pluie a soudainement cessé comme c’est souvent le cas ici. L’image est en contre-jour, le ciel est encore chargé, le poids pour l’animal, augmenté de celui de l’eau, semble plus lourd. La récolte n’est plus loin et l’épreuve, pour un moment, arrive à son terme.





© jean-luc de Laguarigue, tous droits réservés

dimanche 1 août 2021

La poésie du Théâtre du roi de coeur, Jean de la Lune

 Dans Jean de la Lune, on découvre que le satellite terrestre est habité par un petit être qui s'appelle Jean de la Lune. Spectateur solitaire et mélancolique des humains qu'il voit danser au clair de lune, Jean rêve de quitter son astre pour découvrir cette Terre et sa joie prometteuse. En s'accrochant à la queue d'une comète, il rejoint un beau jour la terre. Seulement les hommes prennent peur face à l'étranger et après avoir lancé après lui l'armée, la police hargneuse, les pompiers, les savants et les journalistes, ils finissent par le jeter en prison. Avant de rentrer chez lui en catimini, aidé par un savant « fou », Jean aura tout de même le temps de découvrir la nature terrestre, la fête sous le masque, et l'amitié profonde. 

Jean de la Lune, l'arrivée

Jean de la Lune, la prison

Jean de la lune, la rencontre

Jean de la Lune, La danse

Jean de la Lune, le départ

Mise en scène Félix Beaupérin, d'après Tomi Ungerer
Avec :
Mathieu Kassimo
Nicolas Grosrichard
Marianne Rimbaud
Maud Bouchat
Dorothée Le Troadec

dimanche 30 mai 2021

Patrick Chamoiseau: Le conteur, la nuit et le panier (suite)

Dans la nuit, l'ordre mis en place par le maître s'estompe.

 
Conteur, nom perdu 1986

Figuier maudit, la nuit

Jean-Claude Duverger et le groupe Watabi, nuit de contes 2018

Isambert Lisabe, conteur à Rivière Pilote, 2005

Jean-Claude Duverger, chez lui en 2005
  
A écouter : Patrick Chamoiseau, la librairie-francophone (cliquer sur le lien)

mardi 16 mars 2021

Mon site, www.delaguarigue.com n'existe plus


 Après de nombreuses années d’existence, mon site www.delaguarigue.com à disparu dans les cimetières de la toile. Il y a une dizaine d’années il avait été reformaté avec de possibles animations d’images que pouvait offrir le logiciel adobe Flash Player. Ce plug-in ayant été purement et simplement supprimé des navigateurs web par son créateur, tous les sites construits avec flash player ne sont plus visibles.

 

Mystère de l’informatique, de techniques changeantes et de gros sous.

 

Voilà donc une page de tournée en attendant une nouvelle mise en ligne sous un autre format… Un jour peut-être.


Amicalement


Jean-Luc de Laguarigue

 

jeudi 7 mai 2020

Martinique 1993, repérages.


1 993 est l’année par laquelle s’ouvre ma décision de me consacrer entièrement à la photographie. Après un séjour de quelques mois dans le Maine ou j’effectuais un workshop de remise à niveau technique, de retour à la Martinique , j’entreprends une série de repérages pour m’aider à formuler des intentions créatrices encore embryonnaires.

La photographie numérique était encore loin et l’avantage de l’archivage des bandes de négatifs, est que la planche contact finit toujours par évoquer une narration dont on n’a pas conscience sur le moment.

Le confinement m’ayant permis de remettre la main sur ces photos oubliées depuis 27 années, je m’aperçois aujourd’hui comme elles ont pu être fondatrices d’un travail que je n’ai eu cesse de déployer.

De la Pointe Thalémont en passant par Fond Saint-Jacques, du Prêcheur à Fond Capot, de Saint-Pierre à cet arbre perdu logeant une statuette du Sacré-Cœur entourée de trois feuilles mortes, de l’écorce de l’arbre m’offrant d’étranges formes surgit de mes rêves jusqu’à cet amas de nuages de pluie frappant la mer de leur ombre et de leur eau, je n’aurai cessé de poursuivre la lumière des premiers rayons du jour jusqu’au soir, voyant partout, faites du silence de leurs longues histoires, des présences cachées, nos fantômes.


Photographie jean-luc de laguarigue
Hasselblad 500 CM, film TMY Kodak 400 iso