lundi 6 juillet 2026

Et si cette rue devenait un rêve éveillé ?

Jeu de reflets et de contrastes : une rue où les limites entre intérieur et extérieur s'estompent. À droite, le rouge domine ; à gauche, le vert. Un homme, chaise à la main, se dirige vers un tableau anachronique, encadré de manière disproportionnée, représentant des rochers désolés. Les vitrines inversent les lettres, les cadres se multiplient (tableau, fenêtre, volets rouges), et une ombre dense occupe le premier plan. L'image, par son absurdité et ses superpositions, évoque une scène surréaliste, comme une interprétation visuelle de l'inconscient. Et que nous dit l'inconscient ? Qu'un homme vêtu d'une chemise au ton chaud, comme l'ambiance de la photo, marche d'un pas dynamique, quittant le vert pour le rouge, et qu'il va non pas droit dans le mur, mais droit dans le tableau qui le bloque, fait de rochers abrupts et glissants — il ne pourra plus avancer. Et ici se termine le rêve, annonçant le réveil du regardeur, et les questions qu'il se pose déjà : Jusqu'où peut aller la création ? L'homme ne s'arrêtera pas. Et comment traversera-t-il le tableau ?

©jean-luc de laguarigue, Paris, Montmartre