Blues de la pluie
Aguacero
beau musicien
au pied d’un arbre dévêtu
parmi les harmonies perdues
près de nos mémoires défaites
Aguacero
beau musicien
au pied d’un arbre dévêtu
parmi les harmonies perdues
près de nos mémoires défaites
“Mesdames, messieurs, chers amis,
Au cours de ces quatre mois passés ensemble, j’ai pu découvrir et apprécier – en plus de sa perpétuelle joie de vivre – les qualités rares et précieuses de sa personnalité : sa curiosité du monde, et son sens aigu du partage et de la fraternité.
— J’aimerais également remercier LagencedeCom, et plus particulièrement François Brichant, pour son soutien et son enthousiasme permanent quant à la réalisation de ce projet.
— Merci à Valéry Donce de Style et Création qui a pris en charge l’encadrement des images, et à Florence Edmond pour son magnifique travail sur la scénographie de cette exposition.
D’ailleurs, si vous le permettez, je souhaite m’arrêter un instant sur cette initiative qui mérite d’être soulignée, tellement elle s’apparente non pas, comme on pourrait le croire, à une simple campagne de communication, mais à une vraie action de mécénat : c’est-à-dire la volonté pour une entreprise de financer un projet artistique et culturel dans lequel l’artiste reste totalement libre de ses choix et ne subit aucune orientation particulière.
Au fil du temps, ce projet est ainsi devenu un véritable partenariat entre Toyota, sa clientèle (c’est-à-dire ceux qui participent à la réputation de la marque) et mes photographies.
Je souhaite et j’espère que cette exposition, par sa nature artistique, sociologique et culturelle puisse dépasser les frontières de notre île et qu’elle contribue à une meilleure connaissance de nos spécificités, et à faire valoir toute la richesse de nos sociétés créoles.”
Il va ensuite se décliner à partir du 3 avril 2008 en une exposition de 40 portraits photographiques, organisée au sein de l’entreprise CCIE, à la Zone des Mangles au Lamentin.
Je laisse la parole à Cyril Comte (Président du CCIE), qui parle ainsi de ce projet :

Finalement, le travail de Jean-Luc de Laguarigue nous a un jour frappé comme une évidence : grâce à la liberté de son regard d’artiste, guidé par notre ancien chef des ventes Thélus Thégat, nous avions soudain l'espoir de capturer ce lien dans la diversité de son expression et dans le kaléidoscope de nos clients…
Le résultat a aujourd'hui largement dépassé nos espérances ! L’adéquation entre la démarche du photographe et son sujet permet de restituer de façon unique sa vision de l’identité de la Martinique à travers la diversité de ses composantes.”
… et affiche 4x3 réalisée à partir du portrait de Françoise Baillard.
La présence d’une école de l’Art dans un pays qui cherche à se construire est essentielle. Les lieux de l’Art sont ceux de la liberté, de la créativité libre, de l’audace conceptuelle, de l’insurrection des imaginaires. Ce sont donc des lieux de résistances — de celles qui dépassent les impossibles d’un réel et qui fournissent à notre futur sa plus sûre origine. Ce sont les lieux de la beauté, donc du renouvellement constant par lequel les hommes et les cultures fondent leur vision du monde et les projections qu'ils peuvent y déployer. Ces lieux sont essentiels à la prise en main de ce que nous voulons ou que nous saurons être. Dans une politique culturelle, les lieux de l’Art, et singulièrement celui de l’école, sont de l’ordre du vital.
• De remplacer l‘actuel président du Conseil d’administration de l’ IRAV par un conseiller régional sérieux et responsable ;
• D’inscrire, dans le marbre constitutionnel de cette école, le partage non négociable entre le politique et le pédagogique ;
• D’ouvrir ce Conseil d’administration à des personnalités impliquées dans la vie artistique et culturelle des Amériques, du monde, et de veiller à son véritable fonctionnement ;
• De nommer sans attendre, et sur la base d’un projet pédagogique accordé à notre souci de plénitude et de responsabilité collective, un directeur pédagogique disposant d’une pleine autonomie de conception, d’adaptation et de mise œuvre ;
• Enfin, d‘assurer financièrement à l’ IRAV les moyens d’un audit financier et d’une refondation.
… Au ciel ta chevelure qui se retire solennellement

Des pluies comme on n’en voit jamais plus des noix
Des feux Saint-Elme
Des soleils lamés des nuits murmurées
Des cathédrales aussi

Qui sont des carcasses de grands chevaux rongés
Que la mer a crachés de très loin
Mais que les gens continuent d’adorer

Des tas de choses oubliées

Des tas de choses rêvées
Tandis que nous deux Lointaine-ma-distraite
Nous deux
Dans le paysage nous entrons jamais fané
Plus forts que cent mille ruts.”
Texte : Aimé Césaire, De Forlonge (Corps perdus)
Il y a en face de moi un paysan extraordinaire
Ce que chante le paysan c’est une histoire
De coupeurs de cannes

Han le coupeur de cannes
Saisit la dame à grand cheveux
En trois morceaux la coupe

Ah le coupeur de cannes
La vierge point n’enterre
La coupe en morceaux
Les jette derrière
Ah le coupeur de cannes

Chante le paysan et vers un soir de coutelas s’avance
Sans colère

Les cheveux décoiffés de la dame aux grands cheveux
font des ruisseaux de lumière


Ainsi chante le paysan
Il y des tas de choses dont je ne sais pas le nom
Et que je voudrais te dire…