jeudi 3 janvier 2008

Toyota à la Martinique

Jean-Luc photographie “non pas de simples exemplaires de l’Homme en général,
mais des gens de ce pays-ci, dans l’irréductible singularité de leur histoire,
de leur géographie, de leur quotidien et de leur imaginaire.
Leur portrait est donc indissociable du portrait des gestes, des outils,
des objets, de tous ces riens qui font une âme euphémiquement créole.”



À la demande du groupe CCIE Martinique et de Lagencedecom’, je travaille depuis quelque temps autour du thème de “la voiture Toyota à la Martinique”, et de son intégration dans le paysage ethnique et sociologique.

Implantée depuis 35 ans à la Martinique, la marque connaît en effet un grand succès et nombreux sont les martiniquais qui l’ont adoptée à l’instar d’une “figure créole”. Ainsi, certains agriculteurs n’hésitent pas à dire de leur voiture qu’elle a remplacé le mulet dans les mornes…
Aujourd’hui, on trouve encore des modèles de la marque qui fonctionnent depuis plus de 25 ans — un record et une performance quand on connaît les effets d’un climat tropical sur les véhicules. Quelques familles sont devenues “toyotistes” de père en fils… Madame Bayard, marchande de quatre-saisons dont le portrait illustre l’une de ces deux affiches, est si fidèle à Toyota qu’elle a déjà possédé plus de quinze voitures de la marque depuis qu’elle exerce son activité.
Comme une suite logique au travail que j’ai entrepris depuis de longues années à la Martinique, je me suis donc totalement approprié ce projet, qui donnera lieu à une exposition photographique au mois de mars et à la parution d’un ouvrage pour la fin de l’année 2008.

samedi 22 décembre 2007

Martinique Panoramas

Joyeuses fêtes à tous les lecteurs de ce blogue ! Pour bien commencer la nouvelle année, voici quelques photos inédites de la Martinique vue du ciel par Jean-Luc…







mardi 25 septembre 2007

Salon d’Automne 2007

Le prochain Salon d’Automne accueillera une nouvelle fois les photographies de Jean-Luc qui présentera ainsi son nouveau travail — dont nous vous avions déjà parlé ici même, sur ce blog.

En exclusivité absolue pour nos lecteurs assidus (et en avant-première mondiale), voici quelques extraits supplémentaires des photos qui seront exposées :


Si vous êtes dans les environs, venez y faire un tour :
Salon d’Automne, du 8 au 18 novembre 2007, Espace Auteuil (Paris).


jeudi 5 juillet 2007

La main de l'ombre

Depuis que j'ai découvert la photo officielle du Président, je n'en reviens pas... (pour info, voici le site du photographe qui l'a réalisée : http://www.phwarrin.book.fr/).

On n'a guère fait mieux dans le mauvais goût depuis très longtemps. Un mauvais goût qui tend vers le tragique et l'inquiétant.

Tout est artificiel dans cette photo. Le personnage est séparé de la bibliothèque (fermée, trop bien rangée), elle-même séparée des deux drapeaux qui paraissent incongrus — on croirait presque à une caricature. En effet, les drapeaux et la bibliothèque prennent plus d'importance que le personnage, si bien que même debout, il fait “petit”. Quant à la lumière, dirigée à la manière “d’une poursuite” d’entrée d’acteur en scène, elle éclaire plus et mieux les drapeaux que l’homme !

Enfin, la surface blanche du drapeau, deux fois plus importante que le visage, vient encore renforcer cette sensation : homme et drapeaux ont la même attitude — et l’un renvoie à l’autre par clonage.

Mais le comble, c'est que par sa position, le personnage est amputé d'un bras et d'une main. Il fallait oser (bien que je ne pense pas que cela soit intentionnel de la part du photographe...) et je n'ai pu m’empêcher de penser au poème de Rimbaud, “Les Assis” :

Et leurs boutons d'habit sont des prunelles fauves
Qui vous accrochent l'œil du fond des corridors !
Puis ils ont une main invisible qui tue :
Au retour, leur regard filtre ce venin noir
Qui charge l'œil souffrant de la chienne battue,
Et vous suez pris dans un atroce entonnoir.

Tout, dans cette image est stratifié et ordonné, mais sans aucune cohésion. Ce qui fait que l'image paraît flatteuse au premier regard mais nauséabonde dès qu'on la “voit” telle qu'elle est vraiment. Car la main invisible, c’est celle qui tient la photo (si je puis dire) : une fois qu'on a remarqué son absence, on ne voit plus qu’elle — la main du pouvoir, celle qui fait monter les drapeaux et fermer les bibliothèques…


vendredi 15 juin 2007

18e Festival Étonnants Voyageurs

La Martinique était très présente au 18e Festival des Étonnants Voyageurs qui s’est tenu à Saint-Malo pendant le week-end de la Pentecôte (25-28 mai 2007).

Ce festival littéraire, qui “attire des dizaines de milliers d’amoureux des livres”, était pour moi l’occasion de présenter quelques uns de mes ouvrages (Gens de pays, Cases en pays-mêlés, Tracées de mélancolies), ainsi qu’une partie de l'exposition Portrait Pays…

… sur le stand des Rhums Saint-Étienne — “un stand aussi élégant que chaleureux, quasiment aussi vaste que ceux de Gallimard ou du Seuil, et très vite adopté par des écrivains français, québécois ou irlandais.”

Car à Saint-Malo cette année, le maître mot était : littérature-monde, du nom du manifeste publié en mars dernier et “qui défend une littérature de langue française détachée de la nation (…), une constellation n’ayant pour frontières que celles de l’esprit.”

Un concept généreux qui donnait aussi du sens à la présence de la marque Saint-Étienne. En effet, dans sa volonté de “lier les cultures du monde au produit”, son PDG José Hayot pense qu’il est “légitime que le rhum soit dans un festival qui donne une place prépondérante à la littérature des imaginaires”...


... puisqu’il représente “à lui seul la culture créole dans ce qu’elle a de composite et d’historique”.

(D'après l'article de Patrice Louis paru dans Sept Magazine)


mercredi 16 mai 2007

Ouvertures 1

“J'ai tendu des cordes de clocher à clocher ;
des guirlandes de fenêtre à fenêtre ; des chaînes d'or d'étoile à étoile,
et je danse.”

(Arthur Rimbaud, “Phrases” in Illuminations).

Jean-Luc nous livre ici, en avant-première, de nouvelles pistes de réflexion…

son approche d'un projet décalé qui s'impose déjà comme un cheminement subversif,

un rallye d'un genre inédit, une partie de cache-cache dans le miroir de nos certitudes

pour nous révéler les microfractures, les portes secrètes — imaginaires ou simplement improbables

qui se nichent dans nos anfractuosités inconscientes, riches d'hiers et d'infinis, toujours renouvelées mais jamais évidentes

et qui ancrent dans chacun de ses regards d'artiste, les traces de nos vies, notre enfer quotidien,

des témoignages, une histoire, des blessures… et des Orbes à l'O des Ouvertures.



Ouvertures 2

Partons maintenant pour une petite balade, une flânerie, une alchimie,

une échappée belle vers des rives étonnantes, lointaines et vivifiantes,

à la découverte d'ajours qui se déploient sur d'autres lois

et qui nous imprègnent et nous submergent, faisant bleuir à l'horizon

un bouquet d'Ouvertures obstinément semé au mur de l'évasion.